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Pompiers

Et si vous deveniez pompier volontaire ?

Et si vous deveniez pompier volontaire ?

Vous avez envie d’être utile aux autres et de donner un peu de votre temps dans une activité opérationnelle. Que diriez-vous d’intégrer le corps des sapeurs-pompiers ? Femmes, hommes, jeunes : les centres recrutent des volontaires.

Leur notoriété auprès du public ne se dément pas. On fait appel à eux dans les moments difficiles : accidents, incendies, malaises, mais aussi et de plus en plus blessures et soins divers. Le nombre d’interventions des sapeurs-pompiers augmente d’année en année. La conséquence du vieillissement de la population, de l’isolement des personnes âgées, de la diminution du nombre de médecins de campagne, des téléalarmes et de la facilité à composer le 18…

Il faut savoir que derrière chaque déplacement de pompiers existe toute une organisation. Car si 20 % d’entre eux sont des professionnels, les interventions reposent sur 80 % de volontaires. "À la base le système n’a pas été conçu pour qu’on les appelle sur leur lieu de travail pour faire un transport de malades à l’hôpital, reconnaît le colonel Jérôme Coste, le directeur départemental du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) . Dans ce cas il ne s’agit plus d’opérations vitales. Cependant il faut que nous nous adaptions à cette prise en charge, même si elle met en péril notre organisation, car nos concitoyens attendent un service et c’est aussi le principe de précaution".

Les volontaires, piliers indispensables

Cette adaptation passe d’une part par une meilleure répartition des missions entre les ambulanciers privés et les sapeurs-pompiers, et d’autre part par l’augmentation du nombre de volontaires. Des volontaires qui doivent pouvoir se rendre disponibles à tout moment, ce qui nécessite des arrangements avec leurs employeurs. Certains centres connaissent en effet aujourd’hui des problèmes d’effectifs en journée dans la semaine. "Le département présente la particularité de compter 90 corps communaux aux côtés des 36 centres intégrés au corps départemental, explique le colonel Jérôme Coste. L’idée est d’utiliser ces ressources humaines, de les aider à continuer de fonctionner en complémentarité avec le corps départemental. Nous avons besoin, pour assurer les secours de proximité dans notre département rural, d’un maillage territorial avec des centres et des volontaires dedans. Et indépendamment de la nécessité, notre société a tout intérêt à préserver et valoriser ces gens qui s’engagent pour les autres…"

Femmes, jeunes, personnes établies dans la vie et dans leur travail

Un plan volontariat est en cours d’élaboration. Il se construit autour de plusieurs axes. Le renforcement des recrutements féminins d’abord, car le taux de féminisation est très faible (9 % chez les sapeurs-pompiers professionnels et 16,6% chez les volontaires). Cela passe par un changement d’image du pompier : "L’incendie représente moins de 10 % de nos missions opérationnelles aujourd’hui et les opérations diverses (inondations, orages…) à peine plus, souligne le directeur départemental du SDIS. L’essentiel est le secours d’urgence et l’assistance aux personnes, et là, nous sommes dans l’humain, pas dans la force physique. Tout le monde peut être pompier, quel que soit son âge. Par exemple des femmes qui ont élevé leurs enfants et qui veulent consacrer un peu de temps aux autres".

Les jeunes également sont ciblés. Le SDIS met en place une politique ambitieuse pour permettre que des adolescents à partir de 12 ans puissent devenir JSP (jeunes sapeurs-pompiers) dans les 126 centres de secours, qu’ils soient départementaux ou communaux, pas forcément dans une section (il n’y en a que 10 dans le département), mais avec un système de tutorat. "Nous ferons ensuite des regroupements pédagogiques pour assurer la formation" précise le colonel Jérôme Coste.

Des actions seront également lancées en direction des employeurs publics et privés, afin qu’ils permettent à leurs salariés pompiers volontaires de partir en opération sur leur temps de travail. La société est en mutation et les services au public doivent évoluer avec elle. S’adapter. Pour rendre le meilleur service possible à la population, en particulier en matière de sécurité.

UN NOUVEAU DIRECTEUR DÉPARTEMENTAL

Colonel Jérôme Coste, directeur départemental du SDIS de l'Yonne

Pour le colonel Jérôme Coste, nouveau directeur départemental du SDIS (il a pris ses fonctions en octobre 2016), c’est un retour aux sources. Né à Avallon en 1965, il a ressenti enfant "une passion" pour l’engagement pompier alors même qu’aucun membre de sa famille n’en faisait partie. "J’avais tout préparé et le jour de mes 16 ans j’ai intégré le corps des volontaires. Il n’y a pas eu de déclic, mais comme beaucoup l’envie d’aider les autres. C’était ma manière à moi de me réaliser". Quatre ans plus tard, il devient pompier professionnel au SDIS de l’Yonne, affecté à Avallon. Son concours d’officier en poche, il fait son service militaire puis est recruté en Seine-et-Marne où il restera huit ans. En 1996, il part dans l’Ain où il gravit les échelons, avant d’être nommé directeur départemental du SDIS du Jura en 2005 et jusqu’en 2016. Son choix de revenir dans l’Yonne est à la fois professionnel et personnel.

"Quand je suis rentré chez les pompiers je n’imaginais pas que je finirais directeur, précise-t-il. J’étais plutôt attiré par l’activité opérationnelle, puis je me suis pris au jeu…" Ce qui l’intéresse avant tout c’est "être dans l’humain, que ce soit avec les équipes ici (au siège à Auxerre. Ndlr), les gens dans les centres, le réseau associatif (amicales, union départementale), les élus, la population…" Le directeur départemental revendique "trois casquettes" : celle de chef de corps départemental en charge des hommes et des femmes, de gestionnaire du service chargé de mettre en œuvre les orientations définies par le conseil d’administration (présidé par le Président du Conseil départemental), et de responsable de la mise en œuvre opérationnelle "sous l’autorité du préfet mais aussi de chaque maire qui reste patron de la sécurité sur son territoire".

SDIS 89

EN CHIFFRES

  • 234 pompiers professionnels
    (dont 21 femmes)
  • 1 818 pompiers volontaires
    (dont 302 femmes)
  • 46 personnels administratifs et techniques
  • 36 centres d’incendie et de secours
  • 90 centres de première intervention communaux
  • 26 172 interventions,
    dont 19 691 secours à personnes (75 %), 3 045 opérations diverses (12 %), 1 770 incendies (7 %), 1 666 accidents (6 %)
    (chiffres 2016)

En savoir plus :

Contacter le chef de centre le plus proche de son domicile.
Courriel : cdspyonne@sdis89.fr
→ www.sdis89.fr

3 QUESTIONS À...

Christophe Bonnefond

Christophe Bonnefond, 1er vice-président du SDIS, conseiller départemental d’Auxerre 3

  1. Comment est financé le SDIS ?
    Le budget du SDIS était de 26 millions d’euros en 2016, divisé en trois parties : 10,64 millions d’euros du Conseil départemental, 14,49 des communes et le reste généré par la facturation d’un certain nombre de partenaires (SNCF, APRR…). Depuis la loi de départementalisation de 1996, le budget cumulé des communes ne peut pas augmenter plus que le coût de la vie ; c’est le Conseil départemental qui prend en charge les variations. Les finances du Département étant difficiles, nous demandons au SDIS de gérer au mieux pour limiter la hausse.
  2. Comment s’opère la répartition entre les communes ?
    De nombreux maires se plaignaient que la richesse des communes et leur nombre d’habitants ne soient pas pris en compte dans le calcul de la somme qu’elles doivent verser. En association avec les maires demandeurs, le conseil d’administration du SDIS a donc décidé, en début de mandat (seule possibilité selon la loi), de réviser les règles, permettant de mieux prendre en compte le potentiel financier et le nombre d’habitants des communes, avec une actualisation annuelle.
  3. Quelle est la mission qui a été confiée au nouveau directeur départemental ?
    Les pompiers, professionnels ou volontaires, font preuve d’un important engagement : d’une part, dans leur volonté de secourir les biens et les personnes, d’autre part, en matière de formation. Le système français repose sur 20 % de professionnels et 80 % de volontaires, et ne peut se passer ni des uns ni des autres. Or le département a pris du retard sur l’engagement volontaire. Parmi les nombreux points de la feuille de route que nous lui avons fixée, nous avons donc confié au nouveau directeur départemental la mission de lancer un plan volontariat, en direction des jeunes, des femmes, des citoyens installés dans la vie qui ont envie de s’engager, et des entreprises pour qu’elles permettent, à travers des conventions, à leurs salariés de le faire.

SERGENT CHRISTELLES GALLOIS - Sapeur-pompier volontaire

"Les hommes et les femmes sont complémentaires"

Sergent Christelle Ga llois - Sapeur-pompier volontaire

l n’y a aucun modèle dans son entourage familial et pourtant, un jour de février 2004, Christelle Gallois décide de devenir sapeur-pompier volontaire. Le résultat d’un cheminement personnel croisé avec un concours de circonstances : l’attrait pour le médical et "le besoin d’être avec les gens", un accident de voiture et un repas de Sainte-Barbe avec les pompiers de Turny, sa commune(1).

Christelle Gallois devient ainsi la première femme pompier du corps communal de Turny. Elle suit les formations initiales en incendie et en secours à la personne, passe la formation complémentaire de secours routier, la formation de caporal puis de sergent en octobre dernier. Depuis 2010, elle est en double affectation au centre de secours de Saint-Florentin, et fin 2015, elle a été nommée chef du centre de première intervention (CPI) de Turny. "Nous sommes huit dont deux nouveaux : une 2e femme déjà pompier à Neuvy-Sautour qui arrive en double affectation, et mon fils de 16 ans, Marceau, qui vient de rentrer sapeur-pompier volontaire. Je suis fière de lui avoir transmis le virus !"
Et pourtant, au début de l’engagement de Christelle Gallois, c’était loin d’être gagné…

À l’époque, elle vient d’avoir son 3e enfant (elle en a quatre aujourd’hui). "Quand j’ai dit à mes deux premiers que j’allais être pompier, je croyais qu’ils allaient être fiers de moi". À la place, c’est "la panique" : "Ils avaient peur que je ne sois plus là, que plus personne ne s’occupe d’eux…"

Du fait de son activité professionnelle – éleveuse de poulets pour le groupe Duc, un métier choisi il y a quatre ans pour "avoir un revenu, un statut, du temps pour [mes] enfants et garder l’activité pompier" –, Christelle Gallois est "assez disponible la journée" alors que pour ses collègues qui travaillent sur des communes extérieures c’est plus difficile. Au total, les pompiers du CPI de Turny (qui peuvent intervenir dans les communes avoisinantes) effectuent 25 sorties par an. Les volontaires sont les bienvenus.

"Je pense que les hommes et les femmes sont complémentaires dans notre activité surtout composée de secours à personne, explique Christelle Gallois. Et être pompier est une bonne manière de se rendre utile aux autres. Mais cet engagement n’est pas anodin et il faut avoir la passion."

(1) Son mari était conseiller municipal et est aujourd’hui maire.

ANTHONY MASSÉ - Jeune sapeur-pompier

"J’aimerais en faire mon métier"

Anthony Massé - Jeune sapeur-pompier

Sur l’esplanade de Brienon-sur-Armançon, Maxime, Émeric, Baptiste et les deux Enzo regardent leur camarade Anthony Massé faire l’inventaire d’un sac volumineux. Sous la supervision de l’adjudant-chef Michael Roy(1), les jeunes sapeurs-pompiers (JSP) préparent une manœuvre de sauvetage d’une victime par l’extérieur. Le groupe se divise en deux : tandis que ceux du haut vont basculer par-dessus le parapet le mannequin sanglé dans un triangle d’évacuation et le retenir, les JSP du bas vont le guider précautionneusement le long d’un mur de près de 3 mètres.

Anthony Massé a intégré les JSP à 13 ans. Aujourd’hui âgé de 15 ans, il suit comme ses camarades(2) une formation continue en quatre ans tous les samedis matins de 8h à 12h. "Mon père est pompier volontaire (adjudant-chef) depuis 30 ans et ça m’a donné envie depuis tout petit. J’aime aider les gens et mon souhait est de devenir pompier professionnel pour me mettre au service de la population". À l’issue de son brevet de JSP (épreuves théoriques, pratiques, sportives), Anthony entrera sans formation supplémentaire comme sapeur-pompier volontaire au centre de secours de Saint-Florentin (le centre de rattachement de sa commune de Vénizy). Alors seulement commenceront pour lui les interventions. Pour devenir professionnel, il devra ensuite passer un concours puis trouver une place dans un département qui recrute.

"Le département compte 10 sections de JSP (83 jeunes) : 4 dans le nord, 2 dans le sud, 1 dans l’ouest et 3 dans le centre", explique le lieutenant David Meillier, délégué départemental des JSP. Une vaste action est prévue pour recruter des JSP dans tous les centres de première intervention et les centres de secours du département.

(1) Responsable de section des jeunes sapeurs-pompiers de Brienon-sur-Armançon.
(2) La section JSP de Brienon compte 15 jeunes de 13 à 17 ans dont une fille.

Page mise à jour le mercredi 25 janvier 2017

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