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Protection des ENS

Protéger les espaces naturels sensibles

Protéger les espaces naturels sensibles

Le Conseil départemental mène des actions autour de trois thématiques : la protection des milieux naturels, de la biodiversité et de la ressource en eau.

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire", a dit Albert Einstein. Même si la nature a la faculté de reprendre partout ses droits, elle ne peut pas lutter contre la disparition de milieux ou l’extinction d’espèces végétales ou animales. Chacun, à son échelle, a le pouvoir, le devoir, d’agir. Le Conseil départemental a ainsi progressivement mis en place des actions pour protéger l’environnement des Icaunais. "Ça a commencé par un appui aux collectivités dans le domaine de l’eau et notamment de l’assainissement, explique Guy Péretz, le directeur de l’Environnement. Le Conseil départemental les accompagne dans l’amélioration de leur dispositif d’épuration, pour limiter le risque de pollution du milieu dans lequel les eaux sont rejetées (1)".

2008, le vrai départ

2008 signe l’élargissement de l’action départementale avec la constitution d’une commission d’élus. Suivent la création du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) en 2009, puis l’adoption fin 2011 d’une politique de protection des espaces naturels sensibles (ENS). Trois thématiques prioritaires sont définies, qui constituent les axes stratégiques à partir desquels vont se déployer les actions : la protection des paysages naturels, de la biodiversité et de la ressource en eau. Dès 2011 est initié un travail annuel de caractérisation des petits cours d’eau. Pour financer ces nouvelles missions, le Conseil départemental perçoit 1,3 % de la taxe d’aménagement (appliquée sur les permis de construire) : 0,3 % pour le CAUE et 1 % pour les ENS. Il s’agit d'une recette grevée d’affectation : l’argent doit être employé exclusivement à ces politiques et, s’il n’est pas dépensé, est ajouté à la recette perçue l’année suivante.

Aider les projets

Les initiatives locales sont encouragées. En 2014, un premier appel à projets est lancé sur le thème de la protection ou l’amélioration de la connaissance de la biodiversité. Il est ouvert aux collectivités, associations, structures gestionnaires d’espaces naturels et établissements d’enseignement. Le Conseil départemental reçoit 27 projets et en retient 15, représentant une aide totale de 126 000 euros (voir ci-dessous). Fin 2015, le Département lance un nouvel appel à projets sur le thème de la protection de la ressource en eau : milieux humides, rivières, eaux souterraines. Les 15 dossiers reçus au 31 mars dernier sont en cours d’étude.

Répertorier pour préserver

Afin de mieux connaître les espaces naturels sensibles de l’Yonne et les actions à mettre en place pour les préserver, le Conseil départemental a lancé, en lien avec un cabinet d’études, un schéma directeur départemental des ENS. Celui-ci est en cours d’achèvement. Il effectue un diagnostic du territoire et présente les enjeux et les grandes orientations. La question de la qualité de l’eau y figure en bonne place, l’Yonne étant régulièrement confrontée à des problèmes. Si le plus important financeur de la politique de l’eau est l’Agence de l’eau Seine Normandie , le Département peut apporter un complément mais aussi un appui technique auprès des collectivités pour la conduite des études de bassin d’alimentation de captage par le biais du Satep (Service d’animation territoriale eau potable).

Préserver l’environnement est non seulement un devoir mais aussi une nécessité : pour nous, et pour les générations à venir. "Les écosystèmes rendent des services, rappelle Guy Péretz. Les zones humides sont des zones tampons lors d’inondations, le milieu vivant est un grand pourvoyeur de molécules médicamenteuses, la biodiversité est une garantie pour le futur…" Alors n’oublions pas : nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants…

(1) L’assainissement est une compétence des communes qui va être transférée aux intercommunalités au 1er janvier 2020. Le Département apporte une compétence technique avec le Satese (Service d'assistance technique aux exploitants de station d’épuration)

Photos ci-dessus : Réserve ornithologique de Bas-Rebourseaux, propriété de la Ligue pour la protection des oiseaux ; Falaises de Saint-Moré et leurs pelouses sèches. Au pied, le sentier des boucles de la Cure.

Le Conseil départemental soutient les initiatives locales

Initiatives Environnement

Dans le cadre de sa mission de protection des espaces naturels sensibles, le Département a lancé deux appels à projets.

En 2014, sur le thème de la "Biodiversité" : sur 27 projets reçus, 15 ont obtenu une subvention du Département, pour un montant total de126 000 euros :

  • caractérisation génétique de variétés anciennes de pieds de vignes ;
  • suivi de la biodiversité des bords de route (effectué par la Ligue pour la protection des oiseaux en partenariat avec le service routier départemental) ;
  • observation des chauves-souris en forêt d’Othe ;
  • protection des chauves-souris et suivi des ouvrages d’art (en partenariat avec le Département pour les travaux effectué sur les ponts) ;
  • opération SOS amphibiens ;
  • état des lieux et mise en place d’un tableau de bord pour la conservation du pique-prune ;
  • transmission des résultats des "rencontres bocages, richesse d’avenir" ;
  • réhabilitation d’une zone humide dans le marais de la Vallée de la Druyes ;
  • création d’un sentier de découverte des Champs Captants à Sens ;
  • réalisation de deux mares pédagogiques au collège de Puisaye (à Saint-Sauveur et Bléneau) ;
  • sentier botanique sur la commune de Ouanne ;
  • opération 100 nichoirs à chouettes dans le Centre Yonne ;
  • réalisation de deux ouvrages d’ornithologie dans le cadre des 20 ans de la Ligue pour la protection des oiseaux de l’Yonne ;
  • aménagement et mise en valeur des pelouses calcaires des vallées de l’Yonne et de la Cure ;
  • sentier des boucles de la Cure.

En 2015, sur le thème de la "Protection de la ressource en eau et des milieux humides" : 15 dossiers reçus ; leur évaluation est en cours.

Renouée du Japon

La Renouée du Japon, une plante invasive

Originaire d'Asie, la renouée du Japon a été introduite en France au milieu du XIXe siècle pour ses caractéristiques esthétiques. Sa capacité à coloniser rapidement des milieux perturbés et humides, sa vigueur (elle peut grandir de 1 à 4 cm par jour) et les problèmes de concurrence avec les autres plantes, font qu’elle est aujourd’hui classée dans les plantes invasives.

Le Conseil départemental a engagé, depuis 2015, une stratégie de lutte contre le développement de la renouée qui peut générer des risques pour la circulation sur les routes en faisant obstacle à la visibilité. Celle-ci repose sur trois principes : identifier et géolocaliser les "spots" de renouée sur les bords de route, éviter la dissémination (non-broyage, nettoyage minutieux des outils, traitement spécifique de la terre contaminée…) et gérer les massifs en n'intervenant par fauchage que si des enjeux de sécurité sont avérés (moins on intervient, moins on stimule la plante dans sa dynamique d’expansion).

Réhabiliter le marais de la vallée de la Druyes

Tourbière

Une des rares tourbières alcalines encore présentes en Bourgogne.

Une eau translucide qui dévoile une végétation envahissante (les herbiers se développent à la faveur du taux de nitrates), un renard qui chasse dans le pré voisin, des cris d’oiseaux dans le ciel bas… La nature a déjà repris ses droits dans la vallée longeant la Druyes, entre Andryes et Druyes-les-Belles-Fontaines. La Fédération départementale des chasseurs y a monté un vaste projet de réhabilitation des 63 ha qu’elle gère depuis 1999 pour le compte de la Fondation pour la protection des habitats de la faune sauvage. L’objectif affiché : protéger les espèces animales et végétales (en aucun cas y chasser, s’engage-t-elle), et aménager le site pour l’ouvrir au public avec un observatoire,un sentier de découverte, l’accueil de scolaires. Coût initial du projet : 600 000 euros TTC, dont 40 000 euros pris en charge par le Conseil départemental dans le cadre de l’appel à projets "Protection de la biodiversité" 2014 (le financeur principal étant l’Agence de l’eau Seine Normandie).

Les travaux attendent le feu vert des enquêtes publiques pour démarrer. Classé en ZNIEFF I et II (zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique), le marais de la Druyes fait partie des secteurs les plus riches du bassin Seine Amont. Mais la vallée a subi d’importants bouleversements pendant près d’un siècle avec la mise en place de cultures et de sylviculture(peupleraies), et les travaux hydrauliques qui y ont été effectués. Le projet de la Fédération départementale des chasseurs vise à lui faire retrouver ses caractéristiques d’antan. Il prévoit le reméandrage de la Druyes sur environ 1,5 km (pour la remettre dans son lit), la création d’annexes hydrauliques (le canal sera bouché pour créer des zones d’eau stagnante), de quatre mares (environ 1 000 m2), d’une bassée en pentes douces (d’une surface de 1 et 6 ha selon l’hydrologie saisonnière).

Marais de la Vallée de la Druyes

"L’objectif est l’amélioration des conditions d’accueil pour la faune sauvage des zones humides (oiseaux d’eau, poissons, batraciens, libellules) et la réhabilitation de milieux favorables au développement d’espèces remarquables", indique Nicolas Guilbert, technicien à la Fédération départementale des chasseurs. Ces travaux rejoindront ceux envisagés par la commune d’Andryes sur son territoire.

100 nichoirs à chouettes en cours d’installation

Nichoirs à chouettes

Effraie des clochers © Vincent Ternois

Sous la charpente du bâtiment désaffecté à Nantou, un vaste nichoir 4 étoiles (avec corridor et chambre !) attend ses premiers locataires. Installé par la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), il est destiné à la nidification des chouettes effraies. Le propriétaire des lieux, Jean-Pierre Lebrun, surveille les allers et venues avec beaucoup d’impatience… Depuis la fin de l’année 2014, la LPO installe des nichoirs à chouettes principalement dans l’Auxerrois, le Jovinien et le Pays d’Othe. Une opération rendue possible grâce à l’appel à projets biodiversité du Conseil départemental, qui a permis à l’association de décrocher une subvention de 6 450 euros (50 % du coût total du projet).

L'Yonne accueille trois espèces nicheuses régulières de chouettes : l'effraie des clochers, la chevêche d'Athéna et la chouette hulotte, qui nichent souvent à proximité de l'homme dans les anfractuosités des bâtiments, les clochers ou les cavités des arbres. La disparition de leurs sites de nidification est une des nombreuses menaces qui pèsent sur ces espèces. Depuis fin 2014, 55 nichoirs (fabriqués par l’EPNAK d’Auxerre) à effraies des clochers et 7 à chevêches d’Athéna ont été installés chez des particuliers, des collectivités ou des exploitants agricoles (en partenariat avec la Chambre d’agriculture). "Les chouettes sont de grosses consommatrices de souris et campagnols, ce qui est utile aux agriculteurs", souligne Xavier Bouquet, bénévole à la LPO. L’opération va se poursuivre jusqu’à fin 2017, avec l’installation de nichoirs à chouettes hulottes dans les forêts.

→ LPO : 03 86 42 93 47

Chauves-souris : de belles découvertes en forêt d’Othe

Sérotine commune

Sérotine commune © Ludovic Jouve 

Une semaine en immersion dans la forêt d’Othe, de jour comme de nuit. C’est ce qu’ont vécu, avec passion, les chargés d’études en chiroptérologie et un groupe de bénévoles de la SHNA (Société d’histoire naturelle d’Autun) en juillet dernier, dans le cadre d’un projet d’observation des chauves souris (subventionné à hauteur de 50 %, soit 9 525 euros, par le Conseil départemental). "À l’aide de nos différentes techniques (détecteurs acoustiques, captures avec filets, poses d’émetteurs, télémétrie), nous avons fait des découvertes majeures et des premières régionales, se réjouit l’un des chargés d’études, Loïc Robert. Nous avons montré la présence de colonies de 16 espèces sur les 24 inventoriées en Bourgogne. Le massif forestier y est très intéressant : surtout composé de feuillus, avec des âges d’arbres adéquats, une gestion forestière respectueuse de l’environnement (rotations plus longues)…"

Les chauves-souris méritent d’être mieux connues. D’un poids variant de 4 à 50 g pour les espèces présentes en Bourgogne, elles sont insectivores et hibernent l’hiver (sur un lieu distant de quelques kilomètres à plus de 2 000 km de leur gîte d’été). Elles se déplacent avec leurs ultrasons et sont capables de détecter un cheveu (pas de risque donc qu’elles s’accrochent dedans…) ! Ce sont des espèces bio-indicatrices : de parleurs exigences écologiques, elles sont le reflet de l’environnement. Les 34 espèces de chauves-souris françaises sont protégées depuis 1981. Depuis les années 1950, elle sont perdu 75 % de leurs effectifs.

→ SOS faune sauvage : 03 86 78 79 38 / www.bourgogne-nature.fr rubrique SOS nature

3 QUESTIONS À...

Michèle Crouzet

Michèle Crouzet, vice-présidente du Conseil départemental, présidente de la 6e commission de l’Agriculture, de l’Environnement et de l’Ingénierie des territoires, conseillère départementale de Thorigny-sur-Oreuse

  1. Quelle est l’action du Conseil départemental en matière d’environnement ?
    Son intervention la plus importante repose sur la protection des espaces naturels sensibles. Nous avons défini trois thématiques : la protection des milieux naturels, de la biodiversité et de la ressource en eau. Nous terminons l’élaboration d’un schéma directeur départemental, qui doit être compatible avec le Schéma régional de cohérence écologique et les plans nationaux. Il définit les orientations, les objectifs et les actions pour les cinq années à venir.
  2. Quels sont vos outils pour mener à bien cette mission ?
    Un budget de 600 000 euros en 2016 et un outil juridique important qui est le droit de préemption ; nous sommes autorisés, par mesure de protection, à préempter des parcelles ou à aider des collectivités à les acquérir. En partenariat avec l’Agence de l’eau Seine Normandie, nous avons un autre gros chantier pour les années à venir : aider à la protection des bassins d’alimentation de captage, en incitant les échanges ou le regroupement de parcelles, pour concentrer sur les zones les plus vulnérables les cultures les moins polluantes.
  3. Quels sont les objectifs du Département ?
    Nous ne cherchons pas à sanctuariser des lieux. Les zones qui seront protégées au titre des espaces naturels sensibles doivent aussi être des lieux d’éducation pour le public, avec des sentiers de découverte par exemple. En ce qui concerne les bassins de captage, il faut trouver un équilibre pour que l’homme puisse tirer profit de la terre sans perturber les milieux les plus sensibles. Tout l’enjeu est là : protéger la biodiversité sans opposer les intérêts économiques.

Page mise à jour le lundi 06 juin 2016

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