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Aide à l'installation des médecins

Le Département lance un plan de santé offensif

Le Département lance un plan de santé offensif

Le 1er juillet, les conseillers départementaux ont validé les deux premières phases d’un plan destiné à lutter contre la désertification médicale.

"J’ai choisi d’effectuer mes stages d’internat dans l’Yonne parce que avec des amis nous cherchions un département qui nous permettait de rester ensemble. L’Yonne, qui est spontanément peu demandé du fait de l’éloignement de Dijon, était une bonne option. Les patients, les médecins et les élus m’ont réservé un bon accueil, et j’ai petit à petit envisagé de m’y installer. Par ces stages, j’ai connu le tissu social et le tissu médical, et je suis à l’aise pour orienter les personnes". Alexis Lièvre-Doornbos, originaire de Clamecy et interne à la faculté de Dijon, a fait sa formation pratique à l’hôpital d’Auxerre et à la maison de santé de Saint-Sauveur-en-Puisaye ("il y avait un internat de campagne en Puisaye, ce qui devrait être plus répandu").

Et depuis le mois de mai et jusqu’au mois d’octobre, il effectue un stage en autonomie supervisée auprès de 4 médecins maîtres de stage universitaires dont le Dr François Maufoy à Chablis(1) : "Il travaille à ma place et le soir nous revoyons tous les dossiers et essayons de trouver des solutions aux difficultés qu’ils ont pu présenter", explique ce dernier. Alexis Lièvre-Doornbos prépare son installation et s’ "il n’y a rien de définitif pour l’instant, [il] regarde actuellement du côté du Migennois".

Des maîtres de stage essentiels

Le département compte 18 maîtres de stage universitaire (MSU) agréés par la faculté de Dijon et l’Agence régionale de santé de Bourgogne, sur un total de 219 médecins(2). Ils constituent des maillons essentiels de la chaîne de formation, et à ce titre jouent un grand rôle dans l’attractivité du territoire pour les internes. Le Dr François Maufoy est maître de stage universitaire depuis 1997 : "J’accueille deux internes par an et depuis une dizaine d’années je reçois également des externes à raison de quatre par semestre. C’est très intéressant et très formateur aussi pour le médecin : les jeunes changent un peu le train-train ordinaire et apportent des connaissances. De plus les patients apprécient beaucoup de voir des jeunes !"

Faciliter l’accueil des médecins libéraux

Un seul de ces internes s’est ensuite installé dans l’Yonne (mais plusieurs à la frontière du département). "Étant très courtisés, ils font un choix personnel de vie", indiquent le Dr
François Maufoy et Alexis Lièvre-Doornbos. Certains sont partis en Bretagne, d’autres à la montagne, à l’étranger… Beaucoup ont suivi leur conjoint "parce qu’il est plus facile pour un médecin généraliste de trouver de la place que pour un conjoint de trouver un emploi", d’autres parce qu’ils sont en couple avec un autre interne à la spécialité médicale pointue…

Selon les deux hommes, "quand il y a une dynamique d’installation chez les jeunes médecins, d’autres viennent s’agréger autour ; d’où la nécessité de la structuration de l’offre de soins avec des pôles attractifs". Le Conseil départemental, qui accompagne la création de maisons de santé et de pôles santé avec des actions coordonnées autour d’un noyau, en est également convaincu. Il s’est engagé dans la lutte contre la désertification médicale avec un "plan de santé" dont l’élaboration s’est appuyée sur une série de consultations et d’entretiens menés par le Dr Bernard Chardon, médecin territorial(3).

Lutte contre la désertification médicale Dessin

Un effort collectif

Les deux premières phases du plan ont été adoptées par le Conseil départemental le 1er juillet 2016. La première, dite "phase de l’urgence", vise à trouver des médecins généralistes libéraux et autres professionnels de santé (dentistes…) en quête d’installation. Une aide financière a été actée et les responsables des collectivités sont invités à faciliter l’accueil du praticien et de sa famille : recherche du local d’exercice, du lieu de vie, sensibilisation des entrepreneurs locaux pour la recherche d’un emploi pour le conjoint ou la conjointe, aide aux démarches administratives, présentation à la population…

La seconde, "aujourd’hui pour demain", a pour objectif d’attirer les internes en médecine générale de Dijon, Besançon, Paris et sa périphérie (voire Nancy, Lille). Une bourse d’études mensuelle durant les trois années du cycle d’internat a été créée et les acteurs concernés sont invités à répondre aux trois premières exigences affichées par les étudiants : la mise à disposition d’un logement, un branchement internet et une bonne formation pédagogique. Le Conseil de l’ordre des médecins et l’Agence régionale de santé sont sollicités pour encourager la formation de nouveaux maîtres de stage universitaires. "La phase de stage est un moment fondamental, souligne le Dr Bernard Chardon. La médecine est un véritable compagnonnage et la notion de transmission est vitale. Un stage réussi est un premier pas vers une installation".

Communiquer pour faire connaître

Dans ce secteur concurrentiel, des actions de communication sont prévues : création d’un site internet, politique d’affichage dans les universités et les salles de garde des hôpitaux, recrutement (en cours) d’une personne ayant une bonne connaissance du monde hospitalier et universitaire pour faire connaître l’Yonne aux stagiaires, internes, chefs de service à Dijon mais aussi Paris, participation aux congrès médicaux (comme les 29 et 30 septembre derniers aux Journées nationales de médecine générale  à Paris La Défense)… Le plan de santé comprend une troisième phase en cours d’élaboration, prévoyant des interventions auprès des bacheliers icaunais et des étudiants en cours d’externat (réflexion autour de la création d’une cité médicale icaunaise à Dijon), le soutien d’actions de prévention (cœur, tabac…)…

Le Conseil départemental est déterminé à prendre toute sa part dans la recherche de solutions pertinentes et pragmatiques pour lutter contre la désertification médicale, afin de répondre aux besoins premiers de la population.

(1) Les études de médecine générale comportent trois cycles : un premier cycle de deux ans, un cycle d’externat de 3 ans et un cycle d’internat de 3 ans. Durant ce dernier cycle, 2 semestres sont consacrés à une formation pratique chez des praticiens habilités. Ces stages sont obligatoires pour obtenir la validation de l’internat. Le Saspas (Stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée), réservé aux médecins généralistes qui veulent se perfectionner avant de s’installer, est quant à lui optionnel.
(2) Chiffre ARS de juin 2016.
(3) Conseillers départementaux, élus locaux, associations de maires du département, internes en activité hospitalière ou jeunes médecins remplaçants, intercommunalités, médecins libéraux installés, professionnels de santé, entrepreneurs, Yonne tourisme, Pôle emploi, économistes de la santé, membres de la population consommateurs de la santé et responsables d’associations… Ont participé à la réflexion le président du Conseil de l’ordre des médecins et la déléguée départementale de l’ARS (Agence régionale de santé). Le Dr Chardon a également participé à de nombreuses réunions de préparation de la mise en place du pacte-santé, des contrats locaux de santé, de gestion des maisons de santé pluridisciplinaire en devenir, etc.

Dr Bernard Chardon
Tél. : 03 86 72 89 52
bchardon@cg89.fr

LES AIDES FINANCIÈRES EN DETAIL

• Bourse de stage : elle est accordée aux étudiants en internat de médecine générale ou aux étudiants de 3e cycle court en chirurgie dentaire qui effectuent leurs stages de fin de cursus dans le département de l’Yonne. D’un montant de 600 €, elle est versée en une seule fois.
• Bourse d’engagement 3e cycle : elle est accordée aux étudiants en internat de médecine générale de 3e cycle et aux étudiants de chirurgie dentaire qui s’engagent à s’installer dans le département de l’Yonne pendant une durée minimale de 5 ans. 1re année : 750 € par mois sur 12 mois ; 2e année : 1 000 € par mois sur 12 mois ; 3e année : 1 500 € par mois sur 12 mois.
Soit une aide totale de 39 000 €. Ce dispositif est compatible avec les aides de l’État.
• Aide à l’installation : elle est accordée aux jeunes diplômés en médecine générale ou chirurgie dentaire libérale qui souhaitent s’installer sur le département de l’Yonne dès l’obtention de leur diplôme et s’engagent à y exercer pendant une durée minimale de 5 ans. Cette bourse de 12 000 € est versée en une seule fois à l’installation. Le dispositif est compatible avec les aides de l’État.

"Le Conseil départemental s’est emparé de la lutte contre la désertification médicale parce que c’est un élément déterminant du développement du territoire. Régulièrement interpellés quant à cette problématique, nous ne pouvions demeurer passifs.
Aussi, en quelques mois, nous avons élaboré et voté un plan d’aide à la formation et à l’installation, et travaillons à la promotion de l’Yonne auprès des étudiants.
Le Conseil départemental a donc créé la dynamique, mais souhaite jouer un rôle fédérateur et impliquer tous les acteurs du territoire. Pays, communautés de communes, communes, médecins, industriels, artisans... c’est ensemble que nous parviendrons à endiguer ce phénomène et chacun contribuera à la réussite de ce plan ambitieux.
Nous avons tous conscience que le "médecin généraliste", outre sa qualité de Docteur, est surtout le garant du lien social, tantôt confident, tantôt psychologue. Sur nos territoires ruraux, il incarne véritablement le "bien vivre ensemble".
Notre politique de santé est donc en chantier, en collaboration avec nos parlementaires qui seuls peuvent tenter d’insuffler une réforme des études médicales à l’échelle de l’État".

Sylvie Charpignon, conseillère départementale de Chablis

Page mise à jour le mercredi 04 janvier 2017

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